17 mars 2005

Sans fioritures

Juste pour rire : l'amélioration du record d'Orange II est phénoménale, on le sait. C'est comme si le record du monde du 100 mètres passait de 9'78 à 8'43 ou comme si le meilleur temps mondial du marathon était pulvérisé de plus de 17 minutes, de 2 heures 4 minutes 55 secondes à 1 heure 47 minutes et 26 secondes...

16 mars 2005

Jojo Le Héros

Vgl_20041107_03 Ce petit gars, le regard perdu dans le vide pendant la remontée du chenal au départ du Vendée Globe, vient d'être choisi par la banque néerlandaise ABN-Amro pour skipper le second des deux Volvo 70 qu'elle engage dans la Volvo Race...

Quelle trajectoire, tout de même ! A 30 ans, Sébastien Josse est l'archétype du marin moderne "alla francese", un pur produit du système : détecté via le Challenge Crédit Agricole, formé à Port-la-Forêt, il a bouffé du Figaro jusqu'à terminer second du championnat de France solitaire avant de passer au Vendée Globe, non sans avoir tâté du maxi multi pendant le Jules Verne 2002 avec Bruno Peyron. Bref, la voie royale de la course au large à la française...

Le pied de nez, c'est tout de même que notre Jojo national a été choisi pour skipper un bateau dans la Volvo Race, grosso modo l'équivalent de la Coupe de l'America au large - "the pinnacle of offshore racing" -, une vision très anglo-saxonne, elle, de la course au large.

A quoi tient une carrière ? Ses camarades de promo, jeunes trentenaires figaristes, en sont toujours à aligner les gammes dans la baie de la Forêt. Pour l'anecdote, Jérémie Beyou, par exemple, n'a pas été retenu par les sélectionneurs hollandais...

C'est ce que la presse a appris lors du déjeuner organisé ce mardi à Paris pour présenter le jeune prodige. On a pu aussi découvrir le petit film qui présentait les sélections (en 4 phases, au Brésil, aux Etats-Unis, en Hollande) des 8 équipiers jeunes qui rejoindront Jojo à bord : c'était presque la Star Ac' !

A part ça, Séb va devoir sacrément améliorer son anglais ! Mais tout de même, skipper un bateau dans la Volvo à 30 balais, ça a de la gueule, non ?

13 mars 2005

La boucle est bouclée

[Je rentre d'un week-end de régate et, en lisant vite les dépêches avant d'aller me coucher, bien cuit par les heures passées sur l'eau chaque week-end depuis début janvier, je lis que Karen est arrivée. Cette fois, malgré l'heure tardive et la fatigue, il faut bloguer sur le Globe... A cause d'un genou en compote j'ai été sevré de navigation pendant près d'un an. Retourner sur l'eau est une source de joie et de nouveaux apprentissages sans fin qui mérite qu'on y consacre l'essentiel de son temps libre. Alors quand, en plus, le rythme de boulot s'intensifie, la gestion des priorités se fait de manière assez limpide, et le blog, hélas, passe en dernier. Ajoutez-y, aussi, une forme de lassitude, l'impression d'avoir dit beaucoup de choses et, parfois, de se répéter, et vous comprendrez, j'espère, que j'ai plus que largement levé le pied. Merci à tout ceux qui m'ont encouragé à continuer, qui ont réclamé leur dose de post, voire qui m'ont engueulé au coin d'un ponton ! Mais un blog quotidien est - très - exigeant. Ce fut une sacrée aventure, et j'y ai pris beaucoup de plaisir. Je vais essayer de continuer, à un rythme un peu moins soutenu, mais toujours sur les courses à la voile. Rendez-vous en semaine, mes week-ends sont pris jusqu'en... octobre !]

Benefic_20041019_19 Voilà, c'est fini. Karen a bouclé sa jolie boucle, pleine de bruit, de fureur et de souffrance mais aussi de grands bonheurs, après 126 jours de course. D'aucun vous diront qu'elle en termine avec son Vendée Globe à la même position que lorsqu'elle a viré la dernière marque des Sables, début novembre : dernière...

Et ben non, la miss est 13e, elle en laisse 7 dans son sillage qui, eux, n'ont pas réussi à aller au bout. Franchement, quand elle a annoncé qu'elle voulait faire le Vendée Globe, je me suis dit qu'elle était comme beaucoup d'entre nous au retour de la Mini-Transat en 2001 : la tête dans les étoiles, des rêves plein la tête et pas vraiment les pieds sur terre - je me souviens que le stand de la Mini du Salon 2001 était juste à côté de celui de la Vendée... qui diffusait en boucle le film des Vendée Globe : on était scotchés devant.

Sauf que elle, elle est allé jusqu'au bout, malgé les - nombreuses galères - donc voilà : respect !

Pour le reste, c'était un joli Vendée Globe, vous ne trouvez pas ?

A+

PYL

14 février 2005

"Un privilège"

Jean-Pierre Dick est arrivé hier dans la baston et, à l'entendre, le garçon avait l'air heureux. Je l'ai déjà dit dans une précédente note, mais Dick m'a beaucoup étonné : celui qu'on annonçait comme un outsider sérieux mais aussi celui que le milieu moquait un peu à voix basse, a connu une litanie sans fin d'avaries... Et, plutôt que de s'effondrer, Jean-Pierre y a puisé d'étonnantes ressources qui l'ont mené jusqu'au bout.Virbac_20050213_01

[photo Jacques Vapillon/DPPI - Jean-Pierre Dick dans une position "macarthurienne"]

Rappelez-vous qu'il n'a plus eu de moteur - et donc de sources régulières d'énergies - dès les premiers jours de course ! Et qu'il a donc accompli un tour du monde quasi-complet sans moteur... Mais il n'était pas question qu'il s'arrête : "Je savais que je déprimerais. C'est pour ça qu'on se pose pas de questions : le retour à terre aurait été terrible pour moi si j'avais abandonné."

Lors de sa conférence de presse, JPD a lâché, avec un peu d'humour, qu'il gardait une dent contre le technicien de Lorient qui s'était occupé de l'entretien du moteur qui n'aurait jamais dû connaître cette avarie (une rupture du vilbrequin).

Ca m'a fait penser à une anecdote racontée par Thomas Coville, engagé à bord de Sodebo lors du précédent Vendée Globe : dans les jours qui précédaient le départ, un technicien de la marque d'électronique qui équipait son bateau (je ne m'en souviens plus, mais c'est une marque anglo-saxonne) est venu mettre à jour les programmes des compas électroniques des concurrents équipés par cette marque, afin qu'ils ne connaissent pas trop de perturbations magnétiques dans le Grand Sud. Et bien le technicien en question a fait tous les bateaux, dont celui d'Ellen MacArthur, mais il a oublié celui de Coville ! Oublié, tout simplement...

Résultat, Thomas s'est retrouvé à barrer de longues heures dans ces mers inhospitalières, il y a perdu son podium, il s'est démis le pouce, il a perdu une bonne partie de ses ongles des doigts de pieds, etc. Bref, l'horreur.

De retour sur la terre ferme, Coville est allé voir le responsable de la marque de compas électroniques. Et l'explication a été, dixit, Thomas, virile. Derrière son bureau, pendant qu'un gars de l'équipe de Sodebo bloquait la porte, le technicien avait eu "très peur"...

NB : je viens d'écouter l'enregistrement de ses propos sur le podium, et Dick dit joliment que faire le Vendée Globe, partir 3 mois seul dans la nature, "c'est un privilège". Décidément, ce garçon fait plaisir à entendre...

12 février 2005

Pas de blog ce week-end...

... ya régate sur Toutankarbon !

Spouch5 [photo Sandrine Pouch, Spi Ouest-France 2003]

11 février 2005

Route 66

En repartant, voilà une semaine, des Sables d'Olonne, je me suis fait la même réflexion qu'en y arrivant pour la première fois par la route, voilà plus d'un an, pour les besoins de l'enquête qui devait mener au Roman du Vendée Globe : la nationale N 160 qui mène de l'autoroute A 83 jusqu'aux Sables représente vraiment la Route 66 [du nom de la route américaine mythique qui relie Chicago à Los Angelès] du sponsoring vendéen.

Je m'explique : en quittant l'autoroute pour vous engager sur la N160, un panneau vous indique L'Herbergement. C'est la commune qui abrite VM Matériaux, sponsor de Patrice Carpentier.

Juste avant, de l'autre côté de l'autoroute, on peut presque voir les usines de Sodebo, principal sponsor de la course, sises à Saint-Georges de Montaigu.

A quelques encâblures voisinent les bâtiments de VMI, parrain de Sébastien Josse.

Plus loin sur la nationale, pas loin de la Roche-sur-Yon, sur votre gauche, ce sont les vérandas Akéna, soutien de Raphaël Dinelli, qui s'annoncent.

Enfin, au niveau de la Mothe-Achard, vous ne pouvez pas rater sur la droite les bâtiments de "PRBland", qui, la nuit de l'arrivée, scintillaient d'un "Merci Vincent" avant même le triomphe de l'ami Riou...

Bref, je serai coureur candidat au Vendée Globe 2008, je prospecterais consciencieusement les PME installées le long de cette fameuse nationale. Et il y a quelques opulents bâtiments qui trahissent une santé florissante !

10 février 2005

There's no business like show business...

Bruno Lalande, expert des retombées médiatiques du sponsoring, chez TNS media intelligence, m'a confirmé dans un échange de mails que cette édition du Vendée Globe s'annonçait assez bonne pour les affaires des sponsors.

Par exemple, le "bruit médiatique" généré par l'arrivée de la course, la semaine dernière, est équivalent à celui de l'arrivée du Tour de France cycliste 2004 !

Pas mal, non ?

Pour ceux que cette aspect de la course intéresse (et, ne faisons pas la fine bouche, c'est un aspect fondamental du spectacle sportif qui nous passionne...), un intéressant papier du Monde d'hier soir se trouve .

Très complet, on y apprend notamment que Bonduelle estime l'équivalent de ses retombées médiatiques à 50 millions d'euros... Sachant qu'ils investissent chaque année 1,5 millions d'euros (amortissement du bateau compris), la rentabilité d'un Vendée Globe est vite vue... à condition d'être dans les premiers !

09 février 2005

Charles is back

Charles Hedrich est toujours en route pour boucler son tour du monde. Et il a choisi son port d'arrivée, apprend-on dans cette dépêche de l'AFP.

Ce sera Lorient (d'où il est parti), et pas les Sables comme il l'avait espéré.

Intéressant, au passage, de comparer les deux versions des négociations pour choisir le port d'arrivée, entre celle de Denis Horeau, donnée par cette même dépêche de l'AFP, et celle de Charles Hedrich, transmise par sa femme et qu'on retrouve ici.

En revanche Hedrich confirme à l'AFP l'info de son communiqué de presse : après un tour du monde en solo en monocooque, il a envie de récidiver en... multicoque. Inspiré par Ellen ?

Ah, j'oubliais, entre temps, il devrait avoir gravi l'Everest...

Voilà un garçon qui ne manque pas d'ambitions, non ?

08 février 2005

"Little big woman"

C'est ainsi que nos amis Glaouches surnomment dorénavant celle que nous autres, Frenchies, avons découvert et sacré avant eux.

Ellen [photo TKZ/Steve Sleight, trouvée sur le site d'Ellen]

Depuis, ils se rattrapent : l'arrivée de la miss à Falmouth - vue au JT - avait l'air grandiose ! Au moins à la hauteur de l'exploit hallucinant qu'elle vient d'accomplir. Souvenez-vous des réactions à l'arrivée de messire Joyon : son record devait être gravé dans le granit pour un paquet d'années. Rodney Pattison, régatier anglais de légende, médaillé au JO de Munich en Flying-Dutchman était même venu lui offrir sa médaille...

Et voilà qu'Ellen, la si démonstrative Ellen, bardée de logos et dopée au marketing, met 32 heures dans la vue à notre Joyon national ! J'aime bien ce pied de nez de l'histoire maritime, pas vous ?

Parce qu'après une seconde place au Vendée Globe, deux victoires dans la Route du Rhum en monocoque (en 1998 en 50 pieds, en 2002 en 60 pieds) et un record de l'Atlantique en solitaire raté d'un souffle, cette fille est tout sauf une simple créature publicitaire...

Un signe qui ne trompe pas, c'est l'hommage appuyé de Kersauson, pas du genre à mâcher ses mots, surtout avec les filles : "Il faut une grande intelligence de la mer et de la compétition pour réaliser ce que cet extraordinaire marin de 30 kilos a réalisé. Il ne s'agit pas d'une légende vaporeuse, c'est une professionnelle de haut niveau, au caractère formidable, structuré et déterminé. C'est le résultat de trois ans de travail acharné grâce auquel on peut voir que tous les 18 mois, les progrès
réalisés sur nos bateaux peuvent être décisifs." Mazette, Olivier !

Il y en a un qui doit se dire qu'il est maudit, question retombées au pays, c'est Golding. Voilà quatre ans, alors même qu'il avait réalisé un splendide Vendée Globe (il avait démâté dans les premières heures et était reparti une semaine après tout le monde pour se classer 8e !), sa performance avait été littéralement évaporée par l'hyper-médiatisation d'Ellen. Je crois me souvenir avoir lu une interview de lui sur le mode "pas facile d'exister dans la voile en solitaire en Grande-Bretagne à côté de MacArthur" !

Et cette année, rebelote !!! Alors qu'il finit héroïquement sur le podium, une poignée d'heure plus tard sa compatriote fait exploser l'audimat...

Franchement, où s'arrêtera-t-elle ? Elle n'a que 28 ans - soit deux ans de moins que le benjamin du Vendée Globe, vous l'aurez noté - et elle ne peut que progresser. Et elle est déjà annoblie ! Je ne suis pas un spécialiste, mais ce doit être la plus jeune lady du royaume, non ?

Et maintenant, lady MacArthur, c'est quoi le programme ?

07 février 2005

Et maintenant ?

Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

La fin de semaine dernière a versé un tel flot d'émotions, qu'on se retrouve un peu groggy, tout vide... Après une bonne nuit de sommeil et une pause, on se découvre presque un peu saturé : entre l'écriture d'un bouquin, le suivi de la course, les séjours aux Sables, le blog, parfois, le soir venu, on saturerait presque...

Je sais, je sais, je sais, le Vendée Globe n'est pas fini. Celui qui est en train de franchir la ligne est un marin de grande classe, un gentleman-navigateur comme on en fait plus beaucoup. Celui qui va lui succèder demain est un futur très grand, j'en fais le pari. Et derrière, il n'y a que des héros.

Mais que dire qui n'ait pas encore été dit ?

Ceci dit, en réfléchissant bien, je devrais pouvoir faire les fonds de tiroir et trouver quelques petites réflexions à vous soumettre...

Allez, on s'y recolle !

mars 2005

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