Hier à 11.03, Orange 2 est parti pour une nouvelle tentative de record autour du monde. Pour comprendre toutes les subtilités des tentatives, réussites, hors et dans Trophée Jules Verne, ainsi qu'un historique complet de l'affaire, je vous conseille ce papier de Dominique Bourgeois sur Adonnante.com. On y apprend que c'est la quatrième tentative de Bruno Peyron, qui a déjà décroché 2 fois le Trophée JV.
Tout ça pour vous dire que le métier de journaliste chargé de couvrir la voile a ceci de sympathique que, régulièrement, nous sommes invités à naviguer sur de jolies bêtes en carbone. Ce jeudi-là (le 30 décembre), à la base des sous-marins de Lorient, on nous a habillés de cirés jaunes siglés Orange et on nous a emmenés à grande vitesse sur un semi-rigide vers... Orange 2, justement. On s'est fait un
peu secouer. Arrivés sur le cata, les journalistes et les invités étaient en jaune, l'équipage était en gris. Au moins, on pouvait trier le bon grain de l'ivraie...
Vous pouvez voir sur la photo ci-contre qu'on fait facilement la différence entre ceux qui partiront et les touristes... Notre déguisement facilitait aussi grandement le travail
des photographes qui, dès qu'ils voyaient du jaune dans le champ, savaient qu'ils devaient lui demander de dégager...
Pendant ce temps, je me suis baladé dans la coque tribord. La cuisine a ceci d'intéressant que chacun des équipiers a sa propre tambouille, numérotée. D'ailleurs, tout est numéroté : les cirés, les bouteilles pour la boisson...
Je n'ai pas demandé, mais je pense que, comme sur les Class America, la stricte séparation des ustensiles est sans doute prévue pour éviter que les équipiers se contaminent les uns les autres en cas de gastro ou de rhume... Vous imaginez les dégâts en cas d'épidémie ?
Tout à l'arrière de la coque tribord, on trouve la table à carte : un vrai cockpit de 747 ! Alors, a priori, je compte : 3 téléphones par satellite, 2 GPS, 2 PC, 1 VHF, 1 radar, et les deux afficheurs Brookes, je ne sais pas trop ce que c'est... Les répétiteurs de cockpit, sans doute ? Bref, le navigateur - Roger Nilsson, une légende de la Whitbread - a de quoi s'amuser !
Sur le pont, il y a encore des instruments, plus discrets... A proximité des winches, on trouve ce petit afficheur, tout simple. C'est un "patatomètre", dans le jargon des équipiers d'Orange. Autrement dit, un indicateur de la tension, en tonnes, qu'encaisse le bout... Soit, pour cette drisse, 14.7 tonnes. Je vous confirme, le bateau est énorme, gigantesque,
disproportionné.
D'autres instruments sont encore plus parlant : voici les répétiteurs du cockpit. Si vous lisez bien, de haut en bas :
- vitesse du bateau : 18.0 noeuds
- cap sur le fond : 332
- angle du vent réel : 83°
-vitesse du vent réel : 12.5 noeuds
Donc, voilà un canote qui marche à 18 noeuds avec 12.5 noeuds de vent ! Autrement dit, il navigue à 1.5 fois la vitesse du vent. Pas mal, non ? Mais je crois que certains multis de 60 pieds
font encore mieux au près !
Sinon, voilà le genre de gaziers qui ont leur sac à bord. Celui du fond avec les cheveux longs, c'est Bruno Peyron. Au premier plan, Séb Audigane, figariste de renom, passé par les JO, le Laser et le Soling...
Ils m'ont fait dans l'ensemble l'impression d'une bande de durs au mal, pas rasés, l'air un peu animal... Ce matin-là, ils venaient de passer la nuit en mer et, franchement, ils étaitent impressionnants à voir manoeuvrer.
Les coulisses de la photo de groupe ! Pas facile tous les jours la vie de photographe...
Tiens, voilà quelques figures dont je vous ai déjà parlé. A gauche, le désormais célébrissime Philippe Eliès, du Télégramme. A sa gauche, le non moins célèbre Marcel Mochet - dit "Momoche" -, photographe à l'AFP, l'homme qui a surnommé Mike Golding "Michel Doré"... Enfin, au fond, surveillant une évenuelle bonne image et cajolant son boîtier, l'illustrissime Gilles Martin-Raget...
Voilà, vous savez tout !
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