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31 janvier 2005

Le plus beau Horn

Dimanche soir, en rentrant tardivement d'un convoyage plus que sympathique, j'ai trouvé deux secondes pour écouter les enregistrements des vacations du jour. Et je suis tombé sur un bijou d'émotion : le passage du Horn par Karen Leibovici, dernière concurrente en course à virer le "rocher noir".

Benefic_20050130_02[photo Karen Leibovici/Bénéfic, avec le Horn au fond...]

Au fur et à mesure qu'elle racontait son passage, sa gorge se serrait, sa voix s'étranglait : l'émotion était trop forte et ça faisait du bien d'entendre des sentiments aussi simplement exprimés. Parce que le Horn, quand on est marin, y a pas à dire, c'est quelque chose !

Sur la photo ci-contre, je trouve Karen particulièrement apaisée, alors que son aventure est loin d'avoir été de tout repos.

Comme pour Benoît, j'y suis sans doute plus sensible : Karen fait partie de la même promo de la Mini-Transat 2001. Vous allez me dire que je vous parle souvent de cette course, mais que voulez-vous, c'est quand même par là que beaucoup de nos histoires ont commencé.

Sur ce Vendée Globe, d'autres anciens de la Mini rôdent : Loïc Le Bras, le maestro de la vacation, est l'un d'entre eux [hé, Loïc, t'as vu quand même, Karen et Ben sont en train de boucler la boucle et nous on est derrière nos écrans, faudrait qu'on se réveille collègue !]. Il a même navigué en course avec Karen. L'interview de ce dimanche avait un sel particulier pour qui connaissait l'anecdote...

Bref, tout ça pour dire que je suis bien content pour Karen...

30 janvier 2005

Désolé...

... pour cette coupure momentanée du son et de l'image !

Un dossier important à livrer plus une petite navigation à bord de la bête ci-dessous m'ont retenu loin de ce blog l'espace de 48 heures.Dsc00202

28 janvier 2005

Je ne sais plus...

Non, c'est vrai, je ne sais plus qui va gagner. Autant quand le coupage du fromage par Goldinger (copyright Jean Le Cam) et le Roi Jean a raté, je me suis dit que, cette fois, Vince avait pris une sérieuse option, autant quand j'entends les deux premiers dire à la vacation qu'ils ont vécu une nuit d'enfer, "la pire depuis le début de la course", dixit Riou, je me dit que ce n'est vraiment pas fini.

Au classement de ce soir, Jean est revenu à moins de 100 milles, mais il va devrait toucher le refus bientôt et ralentir à son tour.

Ils doivent être dans un sale état : au près, dormant à peine, se rongeant les ongles... Je ne serais pas étonné si l'un des trois lascars cassait quelquechose dans les heures qui viennent. Ils ont quand même tiré sur les bonhommes et sur les bateaux.

Comment dit-on déjà ? "La pression, on la subit pas, la pression, on la... boit !" Plus facile à dire qu'à faire !!!!

Quelle course !

27 janvier 2005

2008

[MISE A JOUR A 16.25]

Allons bon ! Vincent Riou n'a pas encore gagné le Vendée Globe que cela s'agite déjà du côté des inscriptions pour le Vendée Globe 2008-2009...

Je suis le seul à être tombé sur cette info publiée par Seasailsurf ou quoi ?

Selon le correspondant du site aux Sables d'Olonne, Bernard Gergaud, "tous les jeudis soirs, au PC course de la ville des Sables, des sponsors, préparateurs ou architectes sont invités. Il y a 15 jours, Jean Jacques Laurent, le PDG de PRB, a annoncé qu’en 2008 PRB repartait avec Michel Desjoyeaux ! M. Chabot, le PDG d’AKENA vérandas était aussi repartant au vu des retombées de ses ventes par rapport à la même époque en 2003... Jeudi soir, c’est au tour de Patricia Brochard, PDG de SODEBO, d’annoncer que SODEBO serait au départ dans 4 ans avec Thomas Coville sur un bateau neuf ou avec un bateau loué..."

Incroyable quand même !

Ce que je note, c'est que PRB repartirait, mais pas avec Riou... Peut-être qu'ils alterneront : un coup Mich', un coup Vincent ? ;-)

J'ai demandé confirmation auprès de PRB et de Sodebo, je vous tiens au courant.

Réponse de PRB à 8.42 :

1) l'entreprise vendéenne repart...

2) ...avec Riou, si Vincent le souhaite.

Réponse de Sodebo à 16.15 :

"Sodebo souhaite effectivement être présent dans 4 ans. Comment ? A travers la course ou avec un bateau... Les deux semblent difficilement compatibles. Histoire à suivre"

26 janvier 2005

La poisse !

Que voulez-vous dire d'autre en apprenant la mésaventure de ce pauvre Moloney ? Ce type s'est battu pendant 3 ans pour être au départ du Vendée Globe, a descendu l'Atlantique, viré Bonne Espérance et le Horn, traversé l'Indien et le Pacifique et une terrible tempête au cours de laquelle il crût bien y rester pour perdre sa quille au large du Brésil... "The man on a mission", comme il s'appelle lui-même, n'ira pas au bout de son troisième défi : faire le tour du monde en solitaire et sans escale, après deux tours du monde en équipage (le Trophée Jules Verne et la Whitbread).

Hier soir, dans un dîner mondain du pays bigouden, on me faisait remarquer que les bateaux dénommés "Skandia" avaient du mal à garder leurs quilles ces temps-ci ! Et c'est vrai : le Skandia de Moloney est le second bateau aux couleurs de l'entreprise suédoise de services financiers à perdre son appendice après le Skandia de Grant Wharrington, chaviré au cours de la dernière édition de la Sydney-Hobart... [photo Daniel Forster/Rolex]

2218_2_syho04_df_1760 Moloney, lui, n'a pas perdu encore perdu sa quille chaviré et fait route au moteur, les deux ballasts remplis, vers le port de Santos. Ces derniers milles doivent être très, très longs !

Comme Benoît et beaucoup d'autres, j'ai rencontré Nick sur le circuit Mini. Il préparait la funeste Mini-Transat de 1999 au cours de laquelle une majorité de concurrents allaient abandonner, remettant profondément en cause l'avenir de cette épreuve, qui n'a dû son salut qu'à la mise en place de critères de qualification drastiques. Nick lui-même avait dû renoncer après s'être cassé le bras dans la tempête !

Je me souviens très bien du premier contact avec lui : à Locmiquélic, au cours du barbecue qui précédait le départ de l'Open Demi-Clé, en juillet, une course en mini jusqu'à Port-Bourgenay. Nick vivait avec son amie sur son proto "Le Poisson", l'ancien bateau d'Ellen MacArthur [à croire qu'il était déjà comdamné à naviguer sur les anciens voiliers de MacArthur, son Skandia étant l'ancien Kingfisher].

Un verre de bière à la main, nous avons fait les présentations : "- Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? - Je suis voilier en Australie - Tu as déjà un peu navigué ? - Heu, oui, j'ai fait la Coupe de l'America... - Ouaaah, impressionnant ! Et au large ? - Heu, j'ai fait la Whitbread... - Glups ! Et c'est tout ? - Heu, oui, sinon, j'ai traversé le détroit de Bass en planche à voile..."

Voilà Nick Moloney, un gars tout simple de down under, hyper-sensible et incroyablement modeste. Je l'ai recroisé trois ans plus tard à une conférence de presse de la Route du Rhum : il m'a mis une grande claque dans le dos en hurlant "Hey, man, you did the Mini !" A chaque fois que je l'ai retrouvé, il m'a parlé de cette course qui s'était refusé à lui en jurant qu'il reviendrait pour terminer.

Alors, Nick, cette Mini-Transat, tu la fais avant ou après le Vendée Globe 2008 ?

25 janvier 2005

Un jeudi à la mer

Hier à 11.03, Orange 2 est parti pour une nouvelle tentative de record autour du monde. Pour comprendre toutes les subtilités des tentatives, réussites, hors et dans Trophée Jules Verne, ainsi qu'un historique complet de l'affaire, je vous conseille ce papier de Dominique Bourgeois sur Adonnante.com. On y apprend que c'est la quatrième tentative de Bruno Peyron, qui a déjà décroché 2 fois le Trophée JV.

ConvoyageTout ça pour vous dire que le métier de journaliste chargé de couvrir la voile a ceci de sympathique que, régulièrement, nous sommes invités à naviguer sur de jolies bêtes en carbone. Ce jeudi-là (le 30 décembre), à la base des sous-marins de Lorient, on nous a habillés de cirés jaunes siglés Orange et on nous a emmenés à grande vitesse sur un semi-rigide vers... Orange 2, justement. On s'est fait un Photographepeu secouer. Arrivés sur le cata, les journalistes et les invités étaient en jaune, l'équipage était en gris. Au moins, on pouvait trier le bon grain de l'ivraie...

Vous pouvez voir sur la photo ci-contre qu'on fait facilement la différence entre ceux qui partiront et les touristes... Notre déguisement facilitait aussi grandement le travail Cuisinedes photographes qui, dès qu'ils voyaient du jaune dans le champ, savaient qu'ils devaient lui demander de dégager...

Pendant ce temps, je me suis baladé dans la coque tribord. La cuisine a ceci d'intéressant que chacun des équipiers a sa propre tambouille, numérotée. D'ailleurs, tout est numéroté : les cirés, les bouteilles pour la boisson... BoissonsJe n'ai pas demandé, mais je pense que, comme sur les Class America, la stricte séparation des ustensiles est sans doute prévue pour éviter que les équipiers se contaminent les uns les autres en cas de gastro ou de rhume...  Vous imaginez les dégâts en cas d'épidémie ?

Table_cartes Tout à l'arrière de la coque tribord, on trouve la table à carte : un vrai cockpit de 747 ! Alors, a priori, je compte : 3 téléphones par satellite, 2 GPS, 2 PC, 1 VHF, 1 radar, et les deux afficheurs Brookes, je ne sais pas trop ce que c'est... Les répétiteurs de cockpit, sans doute ? Bref, le navigateur - Roger Nilsson, une légende de la Whitbread - a de quoi s'amuser !

Patatomtre Sur le pont, il y a encore des instruments, plus discrets... A proximité des winches, on trouve ce petit afficheur, tout simple. C'est un "patatomètre", dans le jargon des équipiers d'Orange. Autrement dit, un indicateur de la tension, en tonnes, qu'encaisse le bout... Soit, pour cette drisse, 14.7 tonnes. Je vous confirme, le bateau est énorme, gigantesque, Vitessedisproportionné.

D'autres instruments sont encore plus parlant : voici les répétiteurs du cockpit. Si vous lisez bien, de haut en bas :

- vitesse du bateau : 18.0 noeuds

- cap sur le fond : 332

- angle du vent réel : 83°

-vitesse du vent réel : 12.5 noeuds

Donc, voilà un canote qui marche à 18 noeuds avec 12.5 noeuds de vent ! Autrement dit, il navigue à 1.5 fois la vitesse du vent. Pas mal, non ? Mais je crois que certains multis de 60 pieds Tronchefont encore mieux au près !

Sinon, voilà le genre de gaziers qui ont leur sac à bord. Celui du fond avec les cheveux longs, c'est Bruno Peyron. Au premier plan, Séb Audigane, figariste de renom, passé par les JO, le Laser et le Soling...

Ils m'ont fait dans l'ensemble l'impression d'une bande de durs au mal, pas rasés, l'air un peu animal... Ce matin-là, ils venaient de passer la nuit en mer et, franchement, ils étaitent impressionnants à voir manoeuvrer.

Photo_de_groupe Les coulisses de la photo de groupe ! Pas facile tous les jours la vie de photographe...

Journalistes Tiens, voilà quelques figures dont je vous ai déjà parlé. A gauche, le désormais célébrissime Philippe Eliès, du Télégramme. A sa gauche, le non moins célèbre Marcel Mochet - dit "Momoche" -, photographe à l'AFP, l'homme qui a surnommé Mike Golding "Michel Doré"... Enfin, au fond, surveillant une évenuelle bonne image et cajolant son boîtier, l'illustrissime Gilles Martin-Raget...

Voilà, vous savez tout !

24 janvier 2005

C'est pas pour dire...

... mais je le sens bien, maintenant, Vincent Riou entrant dans le chenal des Sables avec un fumigène dans chaque bras.

Prb_20050121_01_visu Tous les "experts" que je peux croiser sur les pontons ou dans les salons n'ont qu'un seul commentaire : "Rien à dire, Riou a navigué propre. Très propre". Effectivement, c'est impressionnant.

[photo Vincent Riou/PRB]

Pourtant, l'on sent bien chez eux une tendresse pour Jean Le Cam et son personnage assez incroyable de marin solitaire breton capable de traits d'humour géniaux. "Lui, s'il monte à la capitale, je le produis à l'Olympia dans un one man show..."

Vincent, de son côté n'a jamais fait dans l'esbrouffe, et c'est peu de le dire. Avez-vous compté combien de photo le gars de Loctudy a envoyé au PC presse ? Moi, je l'ai fait : sur l'espace presse du site internet de la course, on en compte 6, pas une de plus [l'une des dernières ci-dessus]. Pour Jean, j'ai eu la flemme tellement il y en a ;-)

Bref, Jean serait la victoire du coeur et Vincent celle de la raison. Quant à Mike Golding, "manquerait plus qu'un glaouch gagne" est un sentiment assez partagé !

Au fait, l'ETA se précise : mardi 1er février, dans l'après-midi, dixit l'organisation. Alors, question, le staff de PRB a-t-il commencé à préparer l'arrivée ? Vince va-t-il couper la ligne pendant le 20 heures ? Tout cela sera-t-il diffusé en direct ?

Haha ! Ca me rappelle quelque chose...

23 janvier 2005

Cerné !

Orange est parti ce dimanche, et je traînais dans le coin.

Un départ, c'est toujours émouvant, même si ceux-là partent à 14 et n'ont prévu que 58 jours de nourriture. Et puis, paradoxalement, on est moins inquiet pour eux que pour d'autres : cet équipage, c'est la piste aux étoiles, tellement il y a de stars !

Bon je ne m'attarde que pour vous livrer cette anecdote : les confrères croisés sur le quai - au moins 3 d'entre eux ! - ont à peine pris des nouvelles pour plutôt me demander ce que je faisais là au lieu de bloguer...

Incroyable, quand même !

22 janvier 2005

L'autre course

Il n'y a pas qu'en tête de la course qu'on se tire une bourre d'enfer ! Hier, Benoît Parnaudeau, le marin-poète du quotidien, a viré le Horn à 8.00 du matin.

Parnaudeau_20041017_01 « Combien de jours avait mis Lamazou au Cap Horn ? 76 jours ! C’est extra, il ne me reste plus qu’à faire une belle remontée de l’Atlantique pour arriver avant les 109 jours de Titouan. Pour moi, Lamazou c’est une référence. C’est quand même le premier à avoir bouclé le Vendée Globe et je navigue sur un bateau de la même génération que le sien. Le mien a été mis à l’eau en 1990… C’est symbolique comme pari mais c’est important pour moi ! »

Voilà, tout est dit. Même s'il est loin derrière, Benoît a des objectifs précis et il les tient. Lors du dernier Vendée Globe, le même bateau, skippé par Didier Mundutéguy avait mis 93 jours pour rallier le Horn !

Quand nous naviguions ensemble en 6.50, Ben était un fervent défenseur de "l'esprit mini", mélange de débrouille et de solidarité qui fait toute l'ambiance de cette classe très particulière. Aujourd'hui plus que jamais, il incarne un certain "esprit du Vendée Globe"...

21 janvier 2005

Rencontre du 3e type, deuxième !

Bientôt les coureurs du Vendée Globe ressembleront à ça :

Dsc00148

Lui, c'est Jacques Caraës, équipier sur Orange 2, le cata de Bruno Peyron, qui vient justement de se mettre en "code Orange" pour cause d'avis de grand froid sur le pays : les vents vont virer au nord, ça va cailler et Peyron et ses boys devraient pouvoir s'envoler pour une énième tentative de record autour de la planète.

Jacques porte une caméra, et, ce jour-là, il testait sa machine... J'attends de voir les résultats avec impatience !

Je vous raconterai cette sortie à bord d'Orange 2 un peu plus tard, je vais être en retard à mon rendez-vous !

En attendant, Riou a traversé le le Pot-au-Noir avec une facilité déconcertante. Le père Vincent doit sincèrement commencer à sentir le doux fumet de la victoire...

Chut ! Il paraît que les marins sont superstitieux...

avril 2008

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