Que voulez-vous dire d'autre en apprenant la mésaventure de ce pauvre Moloney ? Ce type s'est battu pendant 3 ans pour être au départ du Vendée Globe, a descendu l'Atlantique, viré Bonne Espérance et le Horn, traversé l'Indien et le Pacifique et une terrible tempête au cours de laquelle il crût bien y rester pour perdre sa quille au large du Brésil... "The man on a mission", comme il s'appelle lui-même, n'ira pas au bout de son troisième défi : faire le tour du monde en solitaire et sans escale, après deux tours du monde en équipage (le Trophée Jules Verne et la Whitbread).
Hier soir, dans un dîner mondain du pays bigouden, on me faisait remarquer que les bateaux dénommés "Skandia" avaient du mal à garder leurs quilles ces temps-ci ! Et c'est vrai : le Skandia de Moloney est le second bateau aux couleurs de l'entreprise suédoise de services financiers à perdre son appendice après le Skandia de Grant Wharrington, chaviré au cours de la dernière édition de la Sydney-Hobart... [photo Daniel Forster/Rolex]
Moloney, lui, n'a pas perdu encore perdu sa quille chaviré et fait route au moteur, les deux ballasts remplis, vers le port de Santos. Ces derniers milles doivent être très, très longs !
Comme Benoît et beaucoup d'autres, j'ai rencontré Nick sur le circuit Mini. Il préparait la funeste Mini-Transat de 1999 au cours de laquelle une majorité de concurrents allaient abandonner, remettant profondément en cause l'avenir de cette épreuve, qui n'a dû son salut qu'à la mise en place de critères de qualification drastiques. Nick lui-même avait dû renoncer après s'être cassé le bras dans la tempête !
Je me souviens très bien du premier contact avec lui : à Locmiquélic, au cours du barbecue qui précédait le départ de l'Open Demi-Clé, en juillet, une course en mini jusqu'à Port-Bourgenay. Nick vivait avec son amie sur son proto "Le Poisson", l'ancien bateau d'Ellen MacArthur [à croire qu'il était déjà comdamné à naviguer sur les anciens voiliers de MacArthur, son Skandia étant l'ancien Kingfisher].
Un verre de bière à la main, nous avons fait les présentations : "- Qu'est-ce que tu fais dans la vie ? - Je suis voilier en Australie - Tu as déjà un peu navigué ? - Heu, oui, j'ai fait la Coupe de l'America... - Ouaaah, impressionnant ! Et au large ? - Heu, j'ai fait la Whitbread... - Glups ! Et c'est tout ? - Heu, oui, sinon, j'ai traversé le détroit de Bass en planche à voile..."
Voilà Nick Moloney, un gars tout simple de down under, hyper-sensible et incroyablement modeste. Je l'ai recroisé trois ans plus tard à une conférence de presse de la Route du Rhum : il m'a mis une grande claque dans le dos en hurlant "Hey, man, you did the Mini !" A chaque fois que je l'ai retrouvé, il m'a parlé de cette course qui s'était refusé à lui en jurant qu'il reviendrait pour terminer.
Alors, Nick, cette Mini-Transat, tu la fais avant ou après le Vendée Globe 2008 ?
Pauvre Nick... Il avait fait un discours très émouvant au départ des Sables, lors de la soirée de présentation des skippers. Et il courrait aussi pour lever de l'argent pour la lutte contre le cancer, en mémoire de son père, si je me souviens bien.
Sinon, pourquoi ton blog a-t-il disparu de la home page de Lexpress.fr?
Rédigé par : Christophe Agnus | 26 janvier 2005 à 08:30
Pyl, Nick a perdu sa quille, mais a maintenu son bateau à l'endroit en remplissant ses ballasts avant et en affalant toutes ses voiles, ainsi que les enrouleurs...
Rédigé par : Papy Speedy | 26 janvier 2005 à 09:38
Oui, pardon, je voulais dire "Nick n'a pas chaviré" !
Rédigé par : pyl | 27 janvier 2005 à 01:00
PYL, un verre de bière à la main en pays bigoudin, demandant au petit moloney s'il avait déjà 'un peu navigué'. Excellent! Merci pour ton Blog, Pierre-Yves, je m'y connecte avec plaisir.
Rédigé par : José | 27 janvier 2005 à 13:56