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14 février 2005

"Un privilège"

Jean-Pierre Dick est arrivé hier dans la baston et, à l'entendre, le garçon avait l'air heureux. Je l'ai déjà dit dans une précédente note, mais Dick m'a beaucoup étonné : celui qu'on annonçait comme un outsider sérieux mais aussi celui que le milieu moquait un peu à voix basse, a connu une litanie sans fin d'avaries... Et, plutôt que de s'effondrer, Jean-Pierre y a puisé d'étonnantes ressources qui l'ont mené jusqu'au bout.Virbac_20050213_01

[photo Jacques Vapillon/DPPI - Jean-Pierre Dick dans une position "macarthurienne"]

Rappelez-vous qu'il n'a plus eu de moteur - et donc de sources régulières d'énergies - dès les premiers jours de course ! Et qu'il a donc accompli un tour du monde quasi-complet sans moteur... Mais il n'était pas question qu'il s'arrête : "Je savais que je déprimerais. C'est pour ça qu'on se pose pas de questions : le retour à terre aurait été terrible pour moi si j'avais abandonné."

Lors de sa conférence de presse, JPD a lâché, avec un peu d'humour, qu'il gardait une dent contre le technicien de Lorient qui s'était occupé de l'entretien du moteur qui n'aurait jamais dû connaître cette avarie (une rupture du vilbrequin).

Ca m'a fait penser à une anecdote racontée par Thomas Coville, engagé à bord de Sodebo lors du précédent Vendée Globe : dans les jours qui précédaient le départ, un technicien de la marque d'électronique qui équipait son bateau (je ne m'en souviens plus, mais c'est une marque anglo-saxonne) est venu mettre à jour les programmes des compas électroniques des concurrents équipés par cette marque, afin qu'ils ne connaissent pas trop de perturbations magnétiques dans le Grand Sud. Et bien le technicien en question a fait tous les bateaux, dont celui d'Ellen MacArthur, mais il a oublié celui de Coville ! Oublié, tout simplement...

Résultat, Thomas s'est retrouvé à barrer de longues heures dans ces mers inhospitalières, il y a perdu son podium, il s'est démis le pouce, il a perdu une bonne partie de ses ongles des doigts de pieds, etc. Bref, l'horreur.

De retour sur la terre ferme, Coville est allé voir le responsable de la marque de compas électroniques. Et l'explication a été, dixit, Thomas, virile. Derrière son bureau, pendant qu'un gars de l'équipe de Sodebo bloquait la porte, le technicien avait eu "très peur"...

NB : je viens d'écouter l'enregistrement de ses propos sur le podium, et Dick dit joliment que faire le Vendée Globe, partir 3 mois seul dans la nature, "c'est un privilège". Décidément, ce garçon fait plaisir à entendre...

12 février 2005

Pas de blog ce week-end...

... ya régate sur Toutankarbon !

Spouch5 [photo Sandrine Pouch, Spi Ouest-France 2003]

11 février 2005

Route 66

En repartant, voilà une semaine, des Sables d'Olonne, je me suis fait la même réflexion qu'en y arrivant pour la première fois par la route, voilà plus d'un an, pour les besoins de l'enquête qui devait mener au Roman du Vendée Globe : la nationale N 160 qui mène de l'autoroute A 83 jusqu'aux Sables représente vraiment la Route 66 [du nom de la route américaine mythique qui relie Chicago à Los Angelès] du sponsoring vendéen.

Je m'explique : en quittant l'autoroute pour vous engager sur la N160, un panneau vous indique L'Herbergement. C'est la commune qui abrite VM Matériaux, sponsor de Patrice Carpentier.

Juste avant, de l'autre côté de l'autoroute, on peut presque voir les usines de Sodebo, principal sponsor de la course, sises à Saint-Georges de Montaigu.

A quelques encâblures voisinent les bâtiments de VMI, parrain de Sébastien Josse.

Plus loin sur la nationale, pas loin de la Roche-sur-Yon, sur votre gauche, ce sont les vérandas Akéna, soutien de Raphaël Dinelli, qui s'annoncent.

Enfin, au niveau de la Mothe-Achard, vous ne pouvez pas rater sur la droite les bâtiments de "PRBland", qui, la nuit de l'arrivée, scintillaient d'un "Merci Vincent" avant même le triomphe de l'ami Riou...

Bref, je serai coureur candidat au Vendée Globe 2008, je prospecterais consciencieusement les PME installées le long de cette fameuse nationale. Et il y a quelques opulents bâtiments qui trahissent une santé florissante !

10 février 2005

There's no business like show business...

Bruno Lalande, expert des retombées médiatiques du sponsoring, chez TNS media intelligence, m'a confirmé dans un échange de mails que cette édition du Vendée Globe s'annonçait assez bonne pour les affaires des sponsors.

Par exemple, le "bruit médiatique" généré par l'arrivée de la course, la semaine dernière, est équivalent à celui de l'arrivée du Tour de France cycliste 2004 !

Pas mal, non ?

Pour ceux que cette aspect de la course intéresse (et, ne faisons pas la fine bouche, c'est un aspect fondamental du spectacle sportif qui nous passionne...), un intéressant papier du Monde d'hier soir se trouve .

Très complet, on y apprend notamment que Bonduelle estime l'équivalent de ses retombées médiatiques à 50 millions d'euros... Sachant qu'ils investissent chaque année 1,5 millions d'euros (amortissement du bateau compris), la rentabilité d'un Vendée Globe est vite vue... à condition d'être dans les premiers !

09 février 2005

Charles is back

Charles Hedrich est toujours en route pour boucler son tour du monde. Et il a choisi son port d'arrivée, apprend-on dans cette dépêche de l'AFP.

Ce sera Lorient (d'où il est parti), et pas les Sables comme il l'avait espéré.

Intéressant, au passage, de comparer les deux versions des négociations pour choisir le port d'arrivée, entre celle de Denis Horeau, donnée par cette même dépêche de l'AFP, et celle de Charles Hedrich, transmise par sa femme et qu'on retrouve ici.

En revanche Hedrich confirme à l'AFP l'info de son communiqué de presse : après un tour du monde en solo en monocooque, il a envie de récidiver en... multicoque. Inspiré par Ellen ?

Ah, j'oubliais, entre temps, il devrait avoir gravi l'Everest...

Voilà un garçon qui ne manque pas d'ambitions, non ?

08 février 2005

"Little big woman"

C'est ainsi que nos amis Glaouches surnomment dorénavant celle que nous autres, Frenchies, avons découvert et sacré avant eux.

Ellen [photo TKZ/Steve Sleight, trouvée sur le site d'Ellen]

Depuis, ils se rattrapent : l'arrivée de la miss à Falmouth - vue au JT - avait l'air grandiose ! Au moins à la hauteur de l'exploit hallucinant qu'elle vient d'accomplir. Souvenez-vous des réactions à l'arrivée de messire Joyon : son record devait être gravé dans le granit pour un paquet d'années. Rodney Pattison, régatier anglais de légende, médaillé au JO de Munich en Flying-Dutchman était même venu lui offrir sa médaille...

Et voilà qu'Ellen, la si démonstrative Ellen, bardée de logos et dopée au marketing, met 32 heures dans la vue à notre Joyon national ! J'aime bien ce pied de nez de l'histoire maritime, pas vous ?

Parce qu'après une seconde place au Vendée Globe, deux victoires dans la Route du Rhum en monocoque (en 1998 en 50 pieds, en 2002 en 60 pieds) et un record de l'Atlantique en solitaire raté d'un souffle, cette fille est tout sauf une simple créature publicitaire...

Un signe qui ne trompe pas, c'est l'hommage appuyé de Kersauson, pas du genre à mâcher ses mots, surtout avec les filles : "Il faut une grande intelligence de la mer et de la compétition pour réaliser ce que cet extraordinaire marin de 30 kilos a réalisé. Il ne s'agit pas d'une légende vaporeuse, c'est une professionnelle de haut niveau, au caractère formidable, structuré et déterminé. C'est le résultat de trois ans de travail acharné grâce auquel on peut voir que tous les 18 mois, les progrès
réalisés sur nos bateaux peuvent être décisifs." Mazette, Olivier !

Il y en a un qui doit se dire qu'il est maudit, question retombées au pays, c'est Golding. Voilà quatre ans, alors même qu'il avait réalisé un splendide Vendée Globe (il avait démâté dans les premières heures et était reparti une semaine après tout le monde pour se classer 8e !), sa performance avait été littéralement évaporée par l'hyper-médiatisation d'Ellen. Je crois me souvenir avoir lu une interview de lui sur le mode "pas facile d'exister dans la voile en solitaire en Grande-Bretagne à côté de MacArthur" !

Et cette année, rebelote !!! Alors qu'il finit héroïquement sur le podium, une poignée d'heure plus tard sa compatriote fait exploser l'audimat...

Franchement, où s'arrêtera-t-elle ? Elle n'a que 28 ans - soit deux ans de moins que le benjamin du Vendée Globe, vous l'aurez noté - et elle ne peut que progresser. Et elle est déjà annoblie ! Je ne suis pas un spécialiste, mais ce doit être la plus jeune lady du royaume, non ?

Et maintenant, lady MacArthur, c'est quoi le programme ?

07 février 2005

Et maintenant ?

Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

La fin de semaine dernière a versé un tel flot d'émotions, qu'on se retrouve un peu groggy, tout vide... Après une bonne nuit de sommeil et une pause, on se découvre presque un peu saturé : entre l'écriture d'un bouquin, le suivi de la course, les séjours aux Sables, le blog, parfois, le soir venu, on saturerait presque...

Je sais, je sais, je sais, le Vendée Globe n'est pas fini. Celui qui est en train de franchir la ligne est un marin de grande classe, un gentleman-navigateur comme on en fait plus beaucoup. Celui qui va lui succèder demain est un futur très grand, j'en fais le pari. Et derrière, il n'y a que des héros.

Mais que dire qui n'ait pas encore été dit ?

Ceci dit, en réfléchissant bien, je devrais pouvoir faire les fonds de tiroir et trouver quelques petites réflexions à vous soumettre...

Allez, on s'y recolle !

04 février 2005

Dormir...

La fiesta PRB était immense, l'immense le hangar de l'Espace PRB du port était plein à craquer - je vous parle de centaines de personnes ! -, j'ai vite renoncé avant d'aller dîner en bonne compagnie de quelques confrères.

En sortant, le sommeil commençait à gagner la partie mais on m'a emmené de force chez Arthur, sur le port de plaisance. Là, j'ai entendu quelques-unes des grandes plumes de notre meilleure presse raconter encore et encore la désormais légendaire conférence de presse de Jean - "je pleure pas parce que j'ai trop pleuré" - Le Cam...

Il se faisait tard, la fumée du cigare de l'immense l'impeccable Jean-Louis L. importunait de plus en plus nos voisins, il était temps de partir. Pour où ? Allez, un dernier effort, on jette un coup d'oeil à la fête Bonduelle ? On jette un coup d'oeil à la fête Bonduelle...

A 1h00 du mat', sous l'une des grandes tentes du village, la fête en question aurait pu être glauque, avec ses néons blafards et son plancher bruyant. Elle était plutôt sympa avec des troupes clairsemées, mais il restait du beau monde : notamment tout le staff de Finistère Course au Large, mais aussi Kito de Pavant, figariste émérite, et l'infatigable Jean-Louis, qui faisait valser madame Le Cam.

Monsieur Jean, lui, se déchaînait sur du Johnny Hallyday chanté très fort. Il était touchant. La pression s'évacuait. Qui aurait dit que ce gars rentrait d'un tour du monde ?

Bientôt le DJ pliait ses gaules et il était temps de rentrer dans la nuit froide des Sables. Dormir, enfin !

Je ne savais pas qu'une toute heure plus tard, Mike Golding allait franchir la ligne. Il était alors annoncé pour 6.00 et je n'avais plus le courage. Pourtant j'aurais aimé être là pour lui comme pour les autres : ce type est quand même un sacré finisseur qui a bluffé tout le monde !

03 février 2005

Duel jusqu'au bout

La régate entre PRB et Bonduelle n'est pas finie : les soirées du 1er et du 2ème du Vendée Globe ont lieu ce soir, en même temps.

Si je ne suis pas tombé d'épuisement d'ici là, je tenterai une petite chronique demain, mais je ne vous promets rien !

Quilles & co.

Réflexion de Mich' Desj' à l'annonce de l'avarie de Golding : "C'est normal, la voile est un sport mécanique où il faut jouer avec les coéfficients de sécurité..."

Du Mich pur jus, quoi !

Giovanni Soldini, coureur en multi 60 pieds, vainqueur d'Around Alone en mono 60 pieds rappelait les avaries des deux Skandia. Il rappelait aussi qu'Ellen était arrivé avec un voile de quille en très mauvais état lors du précédent Vendée Globe...

Hasard ou coïncidence ? Ce midi, j'ai déjeuné ce midi avec un confrère et l'équipe de Jean-Marie Finot au grand complet (on ne se quitte plus !). Finot, tout auréloé de sa quatrième victoire consécutive dans le Vendée Globe, avait souligné lui aussi le mauvais état de la quille d'Ellen, en expliquant qu'il avait vu son bateau - Kingfisher, aujourd'hui Skandia - de près, au chantier V1D2 de Caen...

[mise à jour à 18.05]

Skandia et Ecover ont été dessiné par le même cabinet d'architectes : Owen-Clarke design.

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