Arrivé au ponton, Jean a commencé un grand show qu'il n'a achevé que 2 heures plus tard, debout sur une table, un Marsupilami en peluche dans les bras, saluant la foule qui lui offrait une standing ovation, sous l'air de "L'envie d'avoir envie" de Johnny Halliday...
Vous imaginez la scène ? J'essaie de récupérer une photo, mais pas grand chose pour l'instant...
Le Roi Jean commence donc par arriver au ponton : plutôt que du champagne, il préfère un coup de rouge. La bouteille de champagne, finalement offerte, résiste, elle aussi, et son bouchon casse, lui aussi ! Malédiction sur les bouteilles de champ' du Vendée Globe ! Le tire-bouchon est sans effet et Jean est obligé de la sabrer...
Il commence ensuite à répondre aux premières questions. A l'une d'entre elles, évoquant une éventuelle déception, Jean répond, royal : "Il faut se satisfaire de ce que l'on a. Et ce que j'ai eu là, c'est colossal !"
Quand on lui fait remarquer qu'il est second finistérien du Vendée Globe, il a cette réflexion assez sybilinne : "Deuxième de Port-la-Forêt... Non, pardon, deuxième de Fort-la-Purée ! Y a des vérités qui me dramatisent !"
Ca commençait bien.
Arrivé sur le podium, le festival continue : "Non chuis pas ému, quand chuis ému, je pleure, et là, je pleure pas !". Stéphane, l'excellent présentateur de TV Vendée (membre cofondateur de l'AJIJLC, l'Association des Journalistes qui ont Interviewé Jean Le Cam...), lui demande s'il garde un mauvais souvenir de ce Vendée Globe : "L'être humain est un idiot : il oublie. Et l'oubli, c'est ce qui nous sauve". La foule est émue, elle applaudit et nous aussi. Mais nous n'en sommes qu'au début.
Vient l'heure de la conférence de presse. Jean l'inaugure par cette phrase toute simple : "C'était vraiment bien !". Il y parle ensuite de la souffrance de son bateau et de la sienne à le sentir souffrir : "Même à votre pire ennemi vous ne souhaiteriez pas ça !"
Est-ce qu'il s'est surpris lui-même ? "Je m'étais dit que j'allais pleurer, et non, je pleure pas, j'ai tellement pleuré avant..." Il a eu aussi ces mots merveilleux : "J'ai profité de tout pour pouvoir vous le rendre !" Sachez-le : le Le Cam est partageur et c'est splendide quand il le dit avec ses mots...
Il a dit aussi que Riou l'avait surpris, qu'il était quand même plus terrible qu'il ne le pensait et aussi que ce n'était pas facile de parler de l'autre, car parler de l'autre, "c'est parler de soi"...
Au fur et à mesure que le temps passait, les silences de Jean se faisaient de plus en plus longs. La fatigue, comme Vincent quelques heures plus tôt, écrasait Le Cam.
Alors ce fût un pur moment de grâce : le PDG de Bonduelle a remercié Jean et lui a offert un Marsupilami en peluche, en guise de clin d'oeil à sa marsupilamithérapie, un tuyau dans lequel il s'enroulait pour se réchauffer dans le Sud. Ni une, ni deux, Jean s'en est emparé, le public s'est levé pour une standing ovation, la chanson de Johnny "L'envie d'avoir envie" - encore - est partie, et il est monté sur la table pour saluer tout le monde et envoyer des bises à la foule qui chavirait d'émotion...
Dehors, les enfants scandaient son nom.
[Et je ne suis toujours pas couché... mais ça commence à être dur !]
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