Ma Photo

Les notes récentes

Les commentaires récents


04 février 2005

Dormir...

La fiesta PRB était immense, l'immense le hangar de l'Espace PRB du port était plein à craquer - je vous parle de centaines de personnes ! -, j'ai vite renoncé avant d'aller dîner en bonne compagnie de quelques confrères.

En sortant, le sommeil commençait à gagner la partie mais on m'a emmené de force chez Arthur, sur le port de plaisance. Là, j'ai entendu quelques-unes des grandes plumes de notre meilleure presse raconter encore et encore la désormais légendaire conférence de presse de Jean - "je pleure pas parce que j'ai trop pleuré" - Le Cam...

Il se faisait tard, la fumée du cigare de l'immense l'impeccable Jean-Louis L. importunait de plus en plus nos voisins, il était temps de partir. Pour où ? Allez, un dernier effort, on jette un coup d'oeil à la fête Bonduelle ? On jette un coup d'oeil à la fête Bonduelle...

A 1h00 du mat', sous l'une des grandes tentes du village, la fête en question aurait pu être glauque, avec ses néons blafards et son plancher bruyant. Elle était plutôt sympa avec des troupes clairsemées, mais il restait du beau monde : notamment tout le staff de Finistère Course au Large, mais aussi Kito de Pavant, figariste émérite, et l'infatigable Jean-Louis, qui faisait valser madame Le Cam.

Monsieur Jean, lui, se déchaînait sur du Johnny Hallyday chanté très fort. Il était touchant. La pression s'évacuait. Qui aurait dit que ce gars rentrait d'un tour du monde ?

Bientôt le DJ pliait ses gaules et il était temps de rentrer dans la nuit froide des Sables. Dormir, enfin !

Je ne savais pas qu'une toute heure plus tard, Mike Golding allait franchir la ligne. Il était alors annoncé pour 6.00 et je n'avais plus le courage. Pourtant j'aurais aimé être là pour lui comme pour les autres : ce type est quand même un sacré finisseur qui a bluffé tout le monde !

03 février 2005

Duel jusqu'au bout

La régate entre PRB et Bonduelle n'est pas finie : les soirées du 1er et du 2ème du Vendée Globe ont lieu ce soir, en même temps.

Si je ne suis pas tombé d'épuisement d'ici là, je tenterai une petite chronique demain, mais je ne vous promets rien !

Quilles & co.

Réflexion de Mich' Desj' à l'annonce de l'avarie de Golding : "C'est normal, la voile est un sport mécanique où il faut jouer avec les coéfficients de sécurité..."

Du Mich pur jus, quoi !

Giovanni Soldini, coureur en multi 60 pieds, vainqueur d'Around Alone en mono 60 pieds rappelait les avaries des deux Skandia. Il rappelait aussi qu'Ellen était arrivé avec un voile de quille en très mauvais état lors du précédent Vendée Globe...

Hasard ou coïncidence ? Ce midi, j'ai déjeuné ce midi avec un confrère et l'équipe de Jean-Marie Finot au grand complet (on ne se quitte plus !). Finot, tout auréloé de sa quatrième victoire consécutive dans le Vendée Globe, avait souligné lui aussi le mauvais état de la quille d'Ellen, en expliquant qu'il avait vu son bateau - Kingfisher, aujourd'hui Skandia - de près, au chantier V1D2 de Caen...

[mise à jour à 18.05]

Skandia et Ecover ont été dessiné par le même cabinet d'architectes : Owen-Clarke design.

Quille en vrac pour Golding

Dsc00236A 50 milles de l'arrivée, Mike Golding a annoncé à son équipe à terre à 14.00  TU qu'il avait une grave avarie de quille à bord d'Ecover.

"He can't see the keel" : "Il ne peut pas voir la quille", a rapporté son attachée de presse. Coralie Rassinoux était très émue.

Mike Golding fait cap au 151 à 2 noeuds. Il n'a pas annoncé son abandon et souhaite arriver aux Sables en course. La préfecture maritime réfléchit à envoyer des moyens sur zone pour "sécuriser la situation"...

Point presse de Golding dans les minutes qui suivent

Premier enseignement : la course n'est jamais finie tant que la ligne n'est pas franchie !

Michel Doré mal barré

La rumeur court la salle de presse que Mike Golding aurait subi une grave avarie de quille à une cinquantaine de mille de l'arrivée !

Prescription

J'avais décidé avant le départ de ne pas publier cette photo sur mon blog. Après d'amicales pressions de la part de confrères et de membres de l'équipe Bonduelle - mais qui voulaient quand même la récupérer !

Jp23 Mais, après avoir croisé Anne Le Cam tout à l'heure sur le quai, j'ai l'autorisation de la mettre en ligne : il y a prescription et elle ne peut plus causer d'éventuels désagréments à Jean.

Voilà, elle a été prise le samedi soir de la présentation officielle des coureurs, au Casino, à la fin de la cérémonie, la veille du départ du Vendée Globe...

Sacré Jean !

Le feu et la glace

Le contraste entre les personnalités de Vincent et de Jean est tellement fort, qu'on commence, ici et là chez les observateurs du Vendée Globe, à faire remarquer que Riou fait passer moins d'émotions que Le Cam.

Dsc00234Frédéric Augendre, spécialiste de la voile au Parisien, est très agacé par ce sentiment diffus : "Ca m'énerve cette tendance à dire que Riou n'a pas de charisme. Il a fait un truc énorme, chapeau bas, c'est tout."

Cela devait être précisé.

De purs moments de rock'n roll

Arrivé au ponton, Jean a commencé un grand show qu'il n'a achevé que 2 heures plus tard, debout sur une table, un Marsupilami en peluche dans les bras, saluant la foule qui lui offrait une standing ovation, sous l'air de "L'envie d'avoir envie" de Johnny Halliday...

Vous imaginez la scène ? J'essaie de récupérer une photo, mais pas grand chose pour l'instant...

Vgs_20050202_110 Le Roi Jean commence donc par arriver au ponton : plutôt que du champagne, il préfère un coup de rouge. La bouteille de champagne, finalement offerte, résiste, elle aussi, et son bouchon casse, lui aussi ! Malédiction sur les bouteilles de champ' du Vendée Globe ! Le tire-bouchon est sans effet et Jean est obligé de la sabrer...

Il commence ensuite à répondre aux premières questions. A l'une d'entre elles, évoquant une éventuelle déception, Jean répond, royal : "Il faut se satisfaire de ce que l'on a. Et ce que j'ai eu là, c'est colossal !"

Quand on lui fait remarquer qu'il est second finistérien du Vendée Globe, il a cette réflexion assez sybilinne : "Deuxième de Port-la-Forêt... Non, pardon, deuxième de Fort-la-Purée ! Y a des vérités qui me dramatisent !"

Ca commençait bien.

Arrivé sur le podium, le festival continue : "Non chuis pas ému, quand chuis ému, je pleure, et là, je pleure pas !". Stéphane, l'excellent présentateur de TV Vendée (membre cofondateur de l'AJIJLC, l'Association des Journalistes qui ont Interviewé Jean Le Cam...), lui demande s'il garde un mauvais souvenir de ce Vendée Globe : "L'être humain est un idiot : il oublie. Et l'oubli, c'est ce qui nous sauve". La foule est émue, elle applaudit et nous aussi. Mais nous n'en sommes qu'au début.

Vient l'heure de la conférence de presse. Jean l'inaugure par cette phrase toute simple : "C'était vraiment bien !". Il y parle ensuite de la souffrance de son bateau et de la sienne à le sentir souffrir : "Même à votre pire ennemi vous ne souhaiteriez pas ça !"

Est-ce qu'il s'est surpris lui-même ? "Je m'étais dit que j'allais pleurer, et non, je pleure pas, j'ai tellement pleuré avant..." Il a eu aussi ces mots merveilleux : "J'ai profité de tout pour pouvoir vous le rendre !" Sachez-le : le Le Cam est partageur et c'est splendide quand il le dit avec ses mots...

Il a dit aussi que Riou l'avait surpris, qu'il était quand même plus terrible qu'il ne le pensait et aussi que ce n'était pas facile de parler de l'autre, car parler de l'autre, "c'est parler de soi"...

Au fur et à mesure que le temps passait, les silences de Jean se faisaient de plus en plus longs. La fatigue, comme Vincent quelques heures plus tôt, écrasait Le Cam.

Alors ce fût un pur moment de grâce : le PDG de Bonduelle a remercié Jean et lui a offert un Marsupilami en peluche, en guise de clin d'oeil à sa marsupilamithérapie, un tuyau dans lequel il s'enroulait pour se réchauffer dans le Sud. Ni une, ni deux, Jean s'en est emparé, le public s'est levé pour une standing ovation, la chanson de Johnny "L'envie d'avoir envie" - encore - est partie, et il est monté sur la table pour saluer tout le monde et envoyer des bises à la foule qui chavirait d'émotion...

Dehors, les enfants scandaient son nom.

[Et je ne suis toujours pas couché... mais ça commence à être dur !]

Jean !

L'arrivée de Jean était bien différente de celle de Vincent : à 6.22 du matin, il y a avait un peu moins de monde que pour le vainqueur. C'était intime mais formidable.

Dsc00232 Lui aussi a surgi de la nuit, à belle vitesse, sous grand voile 1 ris et solent. Concentré jusqu'au bout il a eu un geste tout simple en passant la ligne : il a juste levé la main...

Au moment où je vous blogue la fin de la nuit, Jean embouque tout juste le chenal. A 6.30, il n'y avait pas assez d'eau, et, surtout, Bonduelle voulait offrir une arrivée digne de ce nom à son skipper, alors Jean a patienté jusqu'à ce que le jour se lève.

Il a quand même été interviewé en direct - interview diffusée sur écran géant (photo ci-jointe) - et nous a offert encore de belles tranches d'humour et d'émotions. Je dois vous avouer que je ne me souviens plus de tout, je n'ai toujours pas dormi...

Mais, en gros, il disait qu'après tout, 1er ou 2ème, c'était pas bien grave ! Il avait l'air heureux, surtout, d'avoir vécu une belle aventure. Regardez-le sur la photo, il a sa gueule de jeune premier quand il finissait ses Figaros sur les rotules...

Quand nous sommes revenus au ponton, la voix de Jean résonnait dans la nuit sablaise. C'était surréaliste, on venait de le quitter en mer et il nous accueillait à terre...

Allez, encore un effort, il devrait toucher terre d'ici 30 à 45 minutes. Ensuite podium, isolement en famille et conférence de presse.

Après, j'irai me coucher !

avril 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30        
Powered by TypePad